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DETTE ET DIEU

 

Par Jean Pierre Meyran

 

Dette et Dieu !
Voilà une juxtaposition étrange !
En quoi les lois de l’économie marchande viennent-elles interférer dans la relation au Divin ?

De fait, il est des croyances tellement transparentes, qu’elles viennent parasiter même cela. Une croyance transparente ? C’est quelque chose que nous croyons, et qu’il ne nous viendrait même pas à l’idée qu’il puisse en être autrement, ni maintenant, ni jadis, ni dans le futur.

Par exemple : on doit payer ses dettes. Evident, non ? Mais depuis quand, et où ?

Nous sommes tellement habitués à une société où circule de la monnaie, et donc, où à peu près tout s’achète et se vend, que nous n’imaginons pas autre chose. Il est vrai que depuis Babylone, suivie de la Grèce et de Rome dans les contrées méditerranéennes, ça se passe comme ça. Nous en sommes les héritiers directs…

Et nous lisons que dans les peuples anciens, ou exotiques, chez qui l’argent n’a pas cours, la monnaie ce sont par exemple des coquillages, ou des plumes, ou des pièces de tissu.
Sauf que dans ces peuples, les coquillages ne permettaient pas d’acheter quoi que ce soit sur le marché. Ce n’est pas un substitut rustique et pittoresque de dollar ou d’euro ! Les fameux cauris africains (coquillages) ne servent pas à acheter des casseroles ou des patates douces !

Alors qu’est ce qu’on « achète » avec ? Le mot acheter est faux ici. On l’utilise pour symboliser des dettes « irremboursables ».
Mariage, par exemple. On n’achète pas une femme avec des coquillages… On donne de la valeur au fait qu’elle porte la vie. On pourrait dire « on achète la vie » ? Non plus.

Et voilà le cœur de l’histoire : dans toutes les sociétés, même la nôtre, nous devons la vie à… à qui au juste ? A Dieu ? A nos ancêtres ? A la société ?

LE DEVOIR

Le verbe « devoir » est déjà tout tordu.
En mot et en infinitif substantivé, comme on dit : « Va faire tes devoirs », « J’accomplis mon devoir de citoyen », « C’était un homme de devoir ».
Conjugué, ça va de « je dois aller faire pipi » à « je dois remplir ma déclaration d’impôts », « je te dois cent euros », et « je te dois la vie ».
D’une nécessité basique à une obligation administrative, une reconnaissance de dette et à la reconnaissance d’une dette qu’aucun argent ne règlera jamais… et c’est le même verbe. Et personne ne s’en étonne !
Si Dieu nous a créés, nous lui devons donc la vie.
Quelle dette !
Toutes les religions, et les sociétés, nous le font bien sentir : nous sommes redevables. Nous naissons endettés. C’est la version « écrasante » du verbe devoir.
Et selon ce qu’on nous met dans la tête sur la manière de payer cette dette, cela donnera des cultures et des usages sociaux très différents, et difficiles à comprendre mutuellement, tellement chacun vit dans ses évidences…

MERCI, THANK YOU ET D’AUTRES…

Pour nous il est évident de dire merci quand on nous rend service, aussi petit soit il. C’est la moindre des politesses, et on serine les enfants avec les « mots magiques », S’il te plaît et Merci ! Bien sûr cela fluidifie les relations, et agrémente les interactions. Mais ce n’est pas si vieux que ça !

Voyons la montée en puissance selon les langues :

L’anglais dit « Thank you », ce qui est issu d’un très vieux mot qui équivalait à Think, penser. Donc, remercier veut dire « je penserai à toi », et beaucoup si « thank you very much », pour cette faveur que tu me fais. » Et on répond « You are welcome », tu es le bienvenu. Bienvenu dans le cercle de ceux qui pensent à moi, car en te faisant une faveur, j’acquiers de l’importance !

L’allemand s’exprime d’une façon voisine : Danke Schön. « Pour Ich danke dich schön. Je te remercie-beau. Un parallèle de « Denken », penser. Donc, je pense à toi-beau. Ce que tu as fait pour moi est tellement magnifique, que je chanterai tes louanges ! Je penserai à toi bellement ! C’est presque une bénédiction ! Et on répond « Bitte sehr » contraction de « Ich bitte dich sehr »: Je t’en prie beaucoup. Oui, je t’en prie, pense à moi de belle façon ! Ce me fait tellement de bien !

Et ici ça se mord la queue, puisque « Bitte sehr » est aussi employé pour accompagner une demande : s’il vous plaît. C’est cette tournure, qu’on retrouve en néerlandais et en flamand, (-Dank U ! -Alstublift !) qui déteint chez nos voisins Wallons de Belgique, qui répondent « S’il vous plaît » quand on leur dit « Merci » !

Espagnol et italien sont voisins : Gracias et Grazie. Je vous rends grâces ! Une grâce ! Rien que ça ! Soit on parle de la grâce Divine (« j’ai été touché par la grâce »), soit de la grâce royale : le Roi a gracié tel ou tel condamné à mort, et lui a laissé la vie sauve. Notre président de la république peut faire cela aussi…En général on rend grâces aux Dieux, à la Divine providence, à la Sainte Vierge pour un vœu exaucé… mais là, on fait d’un être humain un quasi Dieu ! Excusez du peu… et nous oublions totalement un des autres sens du mot « grâce », valable aussi en espagnol et italien : une forme de beauté. « Cette jeune fille danse avec grâce ! » En espagnol, « gracioso » veut dire aussi « drôle ».

C’est toutefois le mot issu directement du latin Gratias. Le quel avait plusieurs sens :
1 Agrément 2 Service, bienfait 3 Amitié 4 Charisme 5 Influence 6 Reconnaissance, gratitude. Tibi gratias ago : je te remercie (je « t’agis de la reconnaissance », je mets en mouvement de la gratitude envers toi), et c’est finalement assez neutre : pas d’écrasement, de prosternation, ou de reconnaissance de dette ! Les romains étaient pragmatiques…
Nous oublions aussi une des plus beaux sens de la grâce, qui est la gratuité. « La maison vous offre cet apéritif à titre gracieux. » Gratuit… D’accord, ça ne s’emploie pas souvent. Mais l’humanité est ainsi faite, dans les tréfonds les plus archaïques de sa mémoire reptilienne, que la gratuité est impossible. Et que la grâce doit créer une dette, ce n’est pas possible autrement ! Sinon notre société s’effondre, puisque ce sont ses bases !

La Reine d’Angleterre est officiellement « gracieuse » : on doit dire « Sa Très Gracieuse Majesté »… cela ne veut pas dire, je crains, qu’elle danse le cha-cha-cha avec grâce. Rien de gratuit dans la grâce Royale ! Mais le pouvoir de dispenser des grâces, des faveurs. Et sans doute d’autres sens protocolaires que j’ignore…

Quant à la Grâce dont la Vierge Marie est remplie, dans l’Ave Maria, on ne sait plus très bien ce que c’est exactement… « Je vous salue Marie, pleine de grâce ! », dit l’Archange Gabriel…

et il y a fort à parier que la compréhension ordinaire de cela, quand il y en a une, ne rapproche Marie de la Reine d’Angleterre… puisque Marie est la Reine des Cieux, Regina Coeli… S’il y a autre chose de plus lumineux et tendre, sans création de dette, c’est un secret bien gardé ! Le texte original grec de St Luc dit « Kecharitoménè », « comblée de Charis, de grâce ; et ce Charis, qui a donné Charisme, est quelque chose comme la bienveillance gratuite, qui transforme celui qui la reçoit…

Quoi ? Il n’y aurait pas eu de « dette » ici ? Rien à rembourser ? M’enfin !

Alors : dire « Gracias » pour reconnaître que l’acte fait l’a été gratuitement, sans rien attendre, et avec grâce, c’est-à-dire avec beauté du cœur ? « Qué gracioso » diraient les espagnols : très drôle ! Allons, ce n’est pas sérieux !
Mais m’aplatir devant la personne qui m’a fait la grâce, à moi misérable vermisseau redevable de la Vie à un Dieu tout puissant, d’un bienfait que fondamentalement je ne mérite pas puisque je suis né pécheur et que je mourrai pécheur, ça oui, ça colle bien !

Les chinois poussent cette façon de faire assez loin, avec cette façon de s’auto dénigrer sans cesse dans la caricature de leur politesse : je ne suis qu’un misérable vermisseau… Mais si je suis de l’autre côté du manche, si je suis le créancier, là je serai sans pitié.


La dette crée de la hiérarchie, du pouvoir.

Et le Français ? Merci : être à la merci de quelqu’un : ce n’est pas rien ! Merci : je me mets à votre merci, je suis à votre merci, tellement la dette contactée est immense (même si vous n’avez fait que me passer le sel…); je ne puis que disparaître. Je suis à votre merci… C’est pourquoi la réponse standard, qui est « de rien », ou encore « il n’y a pas de quoi », n’est pas aussi froide qu’elle paraît : c’est une façon de dire « mais non, vous n’êtes pas à ma merci, il ne s’est rien passé… » ; une façon aimable d’annuler la dette. Imaginez que si vous dites « Merci » quelqu’un vous réponde « Il y a vraiment de quoi, vous savez ! J’attends de pied ferme que vous me rendiez la pareille… » ! Vous n’allez pas vous sentir très bien…

En espagnol on répond la même chose:«De rien», «De nada»; ou «Il n’y a pas de quoi », « No hay de qué ».
Plus en amont, Merci et Grâce se rejoignent : jadis, « crier merci » voulait dire demander grâce, c’est-à-dire, être épargné d’une action violente, mise à mort y compris, même « légale ».

Merci rejoignait aussi Pitié : on parle bien d’une lutte sans merci.
Et en remontant jusqu’au latin, voici l’origine : « Merces », salaire, récompense, solde, intérêt, rapport. Ce n’est qu’en bas latin que s’y est adjointe la notion de grâce, faveur, le fait d’épargner quelqu’un. Déjà, une affaire « financière ». Car oui, le mot « mercenaire » vient aussi de là : un soldat qui se met au service de qui le paie.
D’un simple salaire, un simple profit, le sens du mot a dérivé jusqu’au droit de vie et de mort, jusqu’à une faveur accordée, celle d’épargner la vie, ce qui créera une dette inextinguible…
En Espagne il existe une Nuestra Señora de las Mercedes, Notre Dame des Mercis, autrement dit, des Grâces Accordées… qui a donné le prénom Mercedes, et donc le nom de la célèbre marque de voitures allemande.

Répondre « Avec plaisir » à « Merci » module encore la chose : non seulement j’annule cette dette si énorme qu’elle vous fait vous mettre à ma merci, et vous prosterner devant moi comme devant un Dieu, mais en plus, j’ai pris plaisir à vous rendre service… De ce fait la dette est annulée avec davantage de coeur. On reconnaît les Costa-Ricains, entre autre, au fait qu’à « Gracias », ils répondent toujours « Con gusto », c’est à dire « Avec plaisir ».

Pour dire merci, le Portugais dit « Obrigado », ce qui veut dire « Obligé », comme on dit en français châtié « je suis votre obligé » ou « vous m’obligez ». Obligé à quoi ? Je vous suis

donc redevable, et la dette ne sera jamais effacée… C’est la langue la plus objective : oui, il y a dette. Point. Mais on répond aussi « De nada », de rien…

Si déjà les simples paroles des échanges ordinaires sont déjà tellement chargées de « dette », que dire des relations avec le bon Dieu !

Il est des langues qui racontent autre chose que la dette pour dire merci.
Le Nahuatl (langue du Mexique ancien, et encore parlée par 2 millions de personnes) dit Tlazocamati. Et là, c’est beau !

Tlazocamati

La racine tlazoca/tlazocama signifie Aimer, qui se décompose comme suit Tletl o Tl peuvent se traduire par Flamme, ou Feu
Ca signifie Etre

La racine Ama significa Savoir
La terminaison Ti signifie Tu, ou Toi
Ce qui finit par vouloir dire :
Toi, tu sais être, et demeurer, dans la flamme de l’amour !

DERRIERE LE MERCI, LA DETTE

Ce détour par les façons de dire Merci commence à nous montrer quelque chose de tapi dans l’humain : la dette. Payer. Toujours. Le cœur, l’amour est rarement invoqué.
Dès que nous naissons, nous sommes endettés : nous devons donc payer notre dette. A nos parents, aux ancêtres, à la Société, à Dieu.

Jamais on ne nous dit que Dieu nous aurait créés par amour… et la société non plus. La Société investit sur nous : par l’école, par exemple. Elle attend donc de nous un retour sur investissement, et que nous payions notre dette à son égard.
Dans la Genèse, dès le départ, il s’agit d’obéir. Pas d’aimer et d’être aimés.

Et comme Eve a désobéi, suivie par Adam… c’est pourri dès le début !

BILAN COMPTABLE DIVIN

On ne sait pas exactement ce qu’a dit Jésus là-dessus. Mais il parlait de Son Père. Un père. Pas d’un expert comptable, ni d’un DRH caractériel !
L’Eglise a tôt fait de mettre de la comptabilité là dedans.
Jésus est mort, dit-on, pour nos péchés. Pour racheter nos péchés, et racheter la faute originelle.

Racheter ! Nous sommes donc bien sur une opération marchande.

Il y avait donc une dette colossale, la plus colossale de toutes : une dette d’honneur. L’honneur est une notion très prisée dans les milieux machos et violents. La mafia, les dictatures, etc… Désobéir aux ordres de Yahvé a été un affront sans nom. Il faut donc payer. Rien ne sera jamais pardonné. La dette se transmettra de génération en génération : tu gagneras ton pain à la sueur de ton front, mon garçon, et toi, ma fille, tu enfanteras dans la douleur.

Jésus fait donc un rachat de dette. Que veut dire rédemption ? Exactement, rachat. Il vient annuler la dette. Mais bien sûr c’est impensable si on veut garder du pouvoir sur les gens. Il faut qu’il y ait dette. L’Eglise a ainsi fait une sorte d’OPA viciée sur la dette d’âme humaine. Exactement comme des fonds de pension américains véreux spéculent sur la dette grecque et en rachètent des parts. Il ne faut surtout pas que la dette disparaisse !

Donc : Jésus est mort pour nos péchés, dit le dogme, mais nous ne serons jamais à la hauteur de Son sacrifice. Il faut encore payer, et payer. Et de toutes façons tu iras en enfer, misérable crapaud, parce que tout de même tu n’imagines pas, pécheur comme tu es, que tu aurais une chance d’aller au Paradis ? Mais comme il en faut bien quelques uns, au Paradis, pour une bonne opération de « com », l’église a créé les Saints. Et la plupart des premiers saints ont réglé la dette au juste prix. Nous sommes redevables à Dieu de la vie, alors nous lui offrons notre vie. C’est le martyre. Pratiquement tous les premiers saints sont des martyrs. Le premier d’entre eux, Saint Etienne : lapidé. Puis Saint Pierre : crucifié la tête en bas. Puis tous les autres, martyrisés avec élégance par des romains accrochés à leur pouvoir : Saint Laurent, grillé ; Sainte Agathe, avec les seins coupés ; Sainte Blandine et Saint Pothin: donnés aux taureaux sauvages dans les arènes de Lyon ; Sainte Catherine : supplice de la roue ; Saint Ignace (pas celui de Loyola ; le premier) : jeté aux lions ; Saint Paul : décapité.

Et la liste est très longue.
Si je n’ai pas cette vocation là, ce n’est pas la peine d’essayer.
Seule une vie rachète une vie.
Si Jésus a donné sa vie pour moi, il faut que je donne ma vie pour Lui. Au sens littéral du terme c’est mieux. Tout le reste n’est que bisbille. Un peu excessif, direz-vous ?
Il est curieux que dans cette façon de penser, «donner sa vie» vienne à signifier « mourir ».
Et si je suis vraiment très sage, je pourrai peut être espérer un petit strapontin au purgatoire…
Bien évidemment il existe une autre profondeur pour aborder ces notions là, avec davantage de sens et d’intelligence, mais ce n’est pas ce qui est enseigné au plus grand nombre !

Sommes-nous si éloignés en fait, dans nos façons instinctives de penser, de celles des « peuples primitifs », qui ont le mérite de mettre cela au premier plan, et de proposer une sorte de « gestion » de ce genre de choses ?

RENEGOCIATION DE LA DETTE DIVINE

Alors on va négocier ensuite, exactement comme le Malawi ou la Grèce négocient avec le FMI le remboursement de leur dette. Au Moyen Age, ceux qui avaient les moyens achetaient ainsi des jours d’indulgences. C’est-à-dire, des jours d’enfer en moins.
Admirons ici le talent de l’Eglise, qui a réussi ce tour de force de faire entrer des sous dans ses caisses, en vendant des annulations de dettes, sur quelque chose qui n’est pas prouvé, c’est-à-dire sur des temps « éternels » d’enfer. Autrement dit, sur du virtuel. On n’achetait pas des jours de paradis, mais des suppressions de jours en enfer !

C’est contre cela, entre autres, que Luther s’était dressé… Ça suffit, ce petit bizness !
Il y avait aussi tous ces rois, princes et riches gens qui faisaient des donations considérables

à l’Eglise « pour le salut de leur âme » : fondations d’abbayes, d’églises, etc… Pour dire « je ne veux pas payer le prix fort, c’est-à-dire l’enfer éternel. »

Nous retrouvons cela à peu près partout : les grands temples hindous, comme Puri, Tiruvannamalai, Tirupati, recueillent des sommes considérables issues des donations des fidèles ! Le Karma est vécu la plupart du temps comme une sorte de comptabilité des actions posées, dans sa version « écrasante », exactement comme celle de « péché » fut assénée à coups de marteau dans le monde chrétien, même s’il y a des évolutions là dessus.

Et les sages orientaux le disent, mais pas dans ces termes : pour échapper au Karma, il faut échapper aux lois comptables issues de la peur et de l’absence de paix.

Les anciens Egyptiens vivaient dans la peur de la fameuse « pesée des âmes », qu’Osiris, assisté de son fidèle Anubis, ferait au moment du trépas.

De l’amour ?
Non. De la peur, encore et toujours.
Le message originel de l’Evangile a été totalement inversé sur ces aspects là…

En terre d’Islam c’est à peu près la même chose.
Allah nous a créés, il faut donc nous y soumettre, nous soumettre à Sa Volonté : Islam veut dire « Soumission » ; mot qui peut être interprété avec intelligence à partir du cœur, ou avec rage et rigidité, à partir de la peur. C’est hélas cette dernière façon de faire qui fait le plus parler d’elle.
Toujours avec la même histoire : Allah nous a donné la vie. Je ne peux payer ma dette qu’en donnant ma vie pour Lui. Et voilà des malheureux qui se font sauter à la dynamite, sûrs de gagner le Paradis, et entraînant des innocents dans leur « sacrifice ». Si je ne suis pas prêt à cela, au moins, que je respecterai la charia la plus étroite.
Avec un peu d’amour ? Surtout pas…

Y ECHAPPER PAR MODE DE COMBAT

Tout cela ne peut qu’entraîner une sorte de combat, pour échapper à la dette.
Il faut donc devenir puissant, et se placer au sommet de la hiérarchie, pour ne plus rien devoir à personne.
Devenir une sorte de « créancier universel ». Pourquoi est-ce que la course au pouvoir politique est-elle si prisée, et qu’il y a tellement de concurrents ? Parce qu’au sommet, je ne dois plus rien à personne, et je fais ce que je veux comme je le veux. Du moins le crois-je… Soit par le pouvoir politique, soit par le pouvoir financier. Le fait que ce soit la finance qui domine notre monde n’a rien d’étonnant en fait : depuis que des états existent, le vocabulaire comptable est celui qui mène les choses. Notre période ne fait que récolter les fruits semés depuis au moins 5000 ans… La technologie s’est faite redoutable, mais les motivations profondes n’ont guère bougé. Pour ne pas dire pas du tout.
Il s’agit pour les puissants de faire sauter maintenant le peu d’humanité inscrite encore dans les rapports sociaux et donc humains. C’est le propre d’un fonctionnement mafieux.

Voici une petite bourgade tranquille. Soudain, une mafia arrive, et impose sa loi ; c’est-à-dire qu’elle commence à racketter les commerçants, soi disant pour assurer leur « protection ».

N’étaient ils pas protégés auparavant ? Et celui qui ne paye pas son « impôt » subira violences et exactions. Légal ? Elu ? Choisi ? Non. La loi du plus fort.
La haute finance, les grandes multinationales se comportent comme une mafia. Il faut leur faire allégeance, car elles ont décidé que la société était en dette envers elles. Si on ne paye pas la redevance, elles nous châtieront. La redevance ? Pour un Pierre Gattaz, patron du Medef, elle consiste par exemple à détricoter toute protection sociale. Parce qu’il est au sommet de la chaîne.

Puis, quand ils arrivent dans les « hautes » sphères, ce qu’on appelle outrageusement l’élite, dans la sphère bénie des Grands Créanciers, de ceux qui décident qui va payer et quoi et quand, il est alors naturel que ces personnes se sentent au dessus des lois, des impôts, et de toutes ces contraintes juste bonnes pour la plèbe besogneuse. Parce que eux, n’est-ce pas, ne doivent plus rien à personne. Au contraire : tout leur est dû. C’est le secret du slogan de L’Oréal : « Parce que je le vaux bien ». Plus de dette ! Le paradis, non ? Le Royaume des Cieux sur terre ! Youpi ! Non : le Royaume des Creux. Parce que ces gens là finissent par être vides de toute humanité. Creux. Puisque tout est mis sur l’apparence et le pouvoir extérieur .

La 10eme béatitude nous dit « Heureux les persécutés pour la Justice, le Royaume des Cieux est à eux ». Ici ça devient : « Heureux les persécuteurs pour le Remboursement de la Dette (la Justice donc selon eux), le Royaume des Creux est à eux ».
Les Creux : insatiables. Ils n’en auront jamais assez…et se sentiront toujours vides. Avides.

Mais ces gens là vivent dans la peur. La peur soudain qu’on leur dise « vous n’échappez pas à la dette ». Parce qu’ils sont autant redevables de la vie que n’importe qui.

Une des conséquences de ce durcissement de leur part vis-à-vis des débiteurs, car cette attitude « au dessus des lois » a toujours existé: si tu ne peux pas payer, alors on te prendra ta maison, ta femme, tes enfants… et voilà une des grandes sources de l’esclavage, l’esclavage pour dettes, encore très répandu, en Inde, au Pakistan et en Asie du Sud Est. Et sans doute ailleurs…

La plupart des systèmes anciens avaient une sorte de système de régulation, certes imparfait. Par exemple, dans le monde juif, lors des années jubilaires, toutes les dettes étaient effacées. Et les traces, détruites. Un des premiers actes du fameux Hamourabi, roi d’Assyrie, a été d’annuler toutes les dettes en cours. Parce que oui, aussi incroyable que ça puisse paraître, l’antique Mésopotamie connaissait des crises régulières de la dette ! Exactement comme notre monde si « avancé »…

Notre système actuel n’a plus de système de régulation qui restaure l’harmonie.
Parce que, n’est-ce pas, il faut toujours payer ses dettes, c’est du simple bon sens, non ? Alors ça se durcit de plus en plus.
Parce que la bonne santé de la finance repose sur l’endettement. Sans endettement, pas de profit, car pas de crédit, qui est une promesse de remboursement. C’est ainsi qu’est venue la crise de 2008, dite des « sub-primes ».
Quelqu’un qui n’emprunte pas à sa banque est un « mauvais » client !
Pour une raison bien simple : la monnaie, c’est de la dette. Ce sont les banques qui créent la monnaie, d’un trait de plume (ou d’un clic de souris aujourd’hui), par les demandes de crédit. Voilà la merveille de la technique !

Leur rapacité fait que bien sûr elles veulent récupérer la monnaie qu’elles ont « créée », et dont elles ne disposaient que d’un pour cent (c’est le « taux » actuel autorisé en Europe), et qui auparavant n’existait pas. Qu’un pays soit victime de cela n’a plus d’importance aujourd’hui. Il faut que la Grèce paye, quoi qu’il arrive. Sinon, on prend ses villes, ses ports, ses salaires, ses prestations sociales. Bientôt on réduira les grecs en « esclavage pour dettes ».

Je rigole ? C’est une idée qui leur plairait vraiment beaucoup, à ces messieurs ! Mais comme ce n’est pas très politiquement correct, ils ne le disent guère à voix haute…

Ces gens là se croient donc « au dessus » de la dette, puisqu’il la créent. Ils jouent avec le feu… et ils le savent. Mais c’est plus fort qu’eux.

LA DETTE ECRASE L’AME

Une chose est la dette comptable, autre chose est la gratitude.
Si je suis redevable à Dieu de la Vie, selon un regard « comptable », jamais je ne pourrai lui rembourser, sauf au prix de ma propre vie. C’est-à-dire de ma mort. Cela fait donc un drôle d’effet, non, un Dieu qui nous crée pour qu’il prenne son plaisir à nous voir mourir pour lui ? Un Dieu qui finalement nous veut plus morts, pour assurer sa Gloire, que vivants et heureux. Parce que mort, j’ai une chance, infime, d’aller en Sa compagnie au Paradis. Et de toutes façons, je mourrai bien un jour. Alors, Dieu aurait plaisir à ce que je me « suicide » pour Lui ? Tel est le postulat des fanatiques musulmans qui sévissent de ci de là.
On dira que ce n’est pas du suicide, mais l’offrande de la vie pour une noble cause.
Si j’ai de la gratitude, ce qui suppose un état d’esprit légèrement différent, ça change tout.

La différence : personne n’aime être en dette envers qui que ce soit, fût ce Dieu en personne.
Cela crée une contrainte dans l’âme, dans le cœur. Et donc dans le corps et dans le monde visible. C’est cela que nous vivons ; notre société, notre monde « occidental » considère que c’est la façon normale et universelle d’être au monde.

Me sentir endetté me restreint, m’oblige (Muito Obrigado, comme on dit merci en Portugais). Le cœur se referme, ou se « racrapote », comme on dit en Belgique. L’amour s’éteint, le sens de la vie devient l’extinction de la dette. Comme celle-ci ne peut être éteinte, cela ne peut que générer une forme de désespoir de fond, insidieux et infernal. Et sa transmission aux générations futures.

Il est donc naturel que ceux qui ont les moyens veuillent échapper à cela, par le dessus, par le pouvoir. Et tant pis pour les autres, car pour y échapper, et être au dessus, il en faut beaucoup en dessous qui ne doivent surtout pas y échapper. Si tout m’est dû, il faut bien qu’il y en ait qui doivent. Et au plus je suis puissant, au plus il faut qu’il y en ait qui me doivent, tout de préférence. Puisque tout m’est dû.

Vous trouvez ça très motivant ? Moi pas.
Oui mais nos ancêtres ont fait cela depuis la nuit des temps !

Certes.
Ce n’est pas une raison pour continuer. Ca ne veut pas dire qu’ils aient eu raison, et qu’ils étaient dans le juste.

LES DIEUX PSYCHOTIQUES

Quels sont ces Dieux cupides et psychotiques qui ont décidé que l’humanité leur « devait » quelque chose ? Voire, « tout » ! Et que s’ils ne l’obtenaient pas, ils se fâcheraient très fort ?

Je ne peux pas ne pas évoquer ici la version Sumérienne de la création de l’humanité, extrêmement dérangeante pour notre façon de penser tellement marquée par la Genèse et la Bible, même si nous avons mis du Big-Bang darwinisé par-dessus.
Voilà donc, disent les Sumériens, des « êtres venus d’ailleurs », sortes de créatures à tête ressemblant à celle d’un lézard et dotés d’une technologie incroyable, qui seraient venus s’établir sur notre petite planète, pour eux terre d’exil et pas de choix véritable, à cause de guerres dans leurs planètes lointaines : les fameux Annunaki. Ils ont donc besoin de main d’œuvre. Ils auraient été, pour parler « moderne », très doués technologiquement, et ils maîtrisaient le clonage et le bidouillage génétique, puisque certains d’entre eux, voire même presque tous, étaient des clones, effectués par des généticiens de génie ; quand les récits parlent de la naissance de ces « Dieux », il n’est pratiquement jamais fait référence à une femme, ou à une créature féminine. Ils parlent de boîtes, de sarcophages, et de toutes sortes d’objets d’où ces créatures « s’extraient », déjà adultes. Les voilà donc qui « créent » des espèces « locales » en mélangeant des gènes à eux avec des gènes « d’ici » : les êtres humains (car c’est de nous qu’il s’agit), conçus seulement pour servir et obéir. Oui, des esclaves, ni plus ni moins. Il est curieux de constater qu’en Sumérien, le mot Adam signifie « bétail », « troupeau ». Avec cette version de la chose, notre orgueil d’espèce reine de l’univers en prend un coup sur le nez ! Esclaves de ces créatures ! Vu leur pouvoir immense aux yeux des « esclaves » que nous étions, ils nous seraient apparus alors comme des Dieux, et des Dieux exigeants qui plus est, exigeant de nous tributs, sacrifices, corvées, etc…. sinon, pan-pan cu-cul très très fort !

La suite est fort intéressante, car elle raconte à peu près l’inverse de la Genèse… Ça laisse perplexe…

Annunaki ou pas, il n’y a aucun amour dans ces Dieux là ! Ils passent leur temps en colère. A punir les hommes. Ils ont donc créé l’humanité pour en faire des serviteurs, et cela dans bon nombre de mythologies. Dociles, obéissants, non syndiqués, et pas payés, bien sûr… Serait- ce de cette empreinte que vient la mentalité patronale « medefique » ?

Si on désobéit, Dieu se fâche.
Intermède musical exotique ; couplet 6 :
« La bergère en colère, et ron et ron petit patapon,
La bergère en colère tua son petit chaton, ron ron, tua son petit chaton… »

Pour éviter d’être tué par les Dieux, on tue des animaux qu’on leur offre. Ou des êtres humains : on paye nos dettes, juste pour avoir le droit d’être en vie.
Voilà donc les sacrifices, autant animaux qu’humains, accomplis dans la crainte.
Jusqu’à la pathologie.

Le temple de Jérusalem au temps du Christ : une boucherie quasi permanente, avec des sacrifices colossaux, en particulier lors des grandes fêtes. Sacrifices payants bien sûr : les pauvres pouvaient sacrifier un malheureux pigeon, les riches, un bœuf. Très cher, le bœuf.

Un bizness très rentable, surtout qu’il fallait payer en « monnaie pure », celle du temple. Ce qui fait que les changeurs prenaient de substantielles commissions au passage…
Du divin là dedans ? S’il y en a, je ne le vois pas.
On achète la clémence de Yahvé…

Chez les Aztèques : eux étaient directs, du moins au départ. Dieu, chez eux, le Soleil, Tonatiuh, nous donne la vie. Il fallait donc offrir une vie humaine par an au Soleil : telle est la dette. Seule une vie peut rembourser une vie. Sans sacrifice, le Soleil aurait fait la grève, et ne serait plus reparti pour une nouvelle année. Telle était leur terreur à la fin de chaque année. Jusque là, on peut encore comprendre. Mais ça s’est gâté. L’orgueil arrivant, les Aztèques ont commencé à se croire « le peuple élu ». Et le niveau des sacrifices humains est devenu pathologique. On dit que pour l’inauguration du nouveau Grand Teocalli (Temple) de Tenochtitlan (Mexico), en 1486, il y eut quelque chose comme 20000 sacrifices humains ; les historiens tergiversent, mais la fourchette basse est de 12000, et la haute, de 30000. Il n’y a pas de zéros en trop: vingt mille sacrifices humains. Pendant un mois, disent les chroniqueurs, le sang n’a pas arrêté de couler le long des marches de la pyramide principale. Et ce sont les Aztèques qui dans leur langue ont ce si joli « Merci », Tlazocamati !

Où est la gratitude, la plénitude du cœur ? Il n’y en a pas.
Avec beaucoup de sacrifices, je montre la puissance de mon Empire au reste du monde. Je paye mes dettes aux Deux avec panache et orgueil.
On s’étonne après que les Espagnols soient arrivés…

L’amour ne rentre jamais en ligne de compte dans tout ça.
Nous nous disons dans une société avancée, qui ne croit plus à ces balivernes.
Est-ce si sûr ? C’est beaucoup plus subtil et pervers.
Il n’y a plus de statues de Dieux aux yeux exorbités et des prêtres qui sacrifient des vierges effarées à leurs pieds, certes. Mais les Marchés remplissent très bien la même fonction : puisque l’Occident se veut rationnel et non plus « religieux », les Marchés sont parfaits !
Or, il n’y a rien de plus irrationnel et capricieux qu’un marché. C’est comme Dieu, tel qu’Il est le plus souvent perçu. Et les traders et autres analystes sont ses prophètes. N’entend-on pas parfois à la radio, lors des informations boursières, que telle entreprise a perdu un ou deux pour cent, suite à « une dégradation de sa note par un analyste », on ne dira jamais qui… Donc, un analyste anonyme derrière un ordinateur non localisé peut « dégrader » une entreprise. Et on appelle ça de la rationalité !
Afin que le jeu continue.

EN SORTIR, VRAIMENT ?

Oui je suis redevable de la vie.
Et j’ai de la gratitude. Pour la terre et tout ce qu’elle contient, pour le ciel, et tout ce qu’il contient, pour mes parents, mes ancêtres, pour la vie elle-même, pour son créateur…C’est à dire que quelque chose d’infiniment tendre et délicieux emplit mon cœur. Et que si je dois payer ma « dette », la meilleure façon que j’aurai de le faire est de porter témoignage de cela. De l’infinie générosité du vivant. De la Grâce qui nous est donnée. Grâce et gratuité vont ensemble, c’est la même racine…
Ce faisant, je sors un peu de mon karma, en échappant à ces lois dures de dette, liées à la peur et à l’absence de paix. Parce qu’il n’y a rien à « payer ». Le mot « payer » n’est plus adapté. Et cela devient révolutionnaire…

Ce qui ne me donne pas pour autant l’autorisation de faire n’importe quoi…

Si je quitte ces lois là, c’est que je trouve en moi un autre endroit où me poser, autre que la peur, autre que la guerre, autre que le pouvoir, autre que l’honneur toujours bafouable… C’est un « lieu » de cet ordre, je crois, que le Christ appelait le Royaume des Cieux, qui n’était pas le royaume des alto-stratus ! C’est de cela que parle le mot sanskrit « moksha », qui veut dire « libération ».

Et je vais même commencer à expérimenter ce qu’on expérimenté bien des mystiques : comment serais-je en dette envers un Dieu furibard perché sur un lointain Olympe, ou déguisé en triangle inquisiteur au sommet d’un nuage, si Dieu est en moi ? C’est bien pour cela que les mystiques ont souvent été persécutés aussi, c’est pour cela que les Soufis sont mal vus en pays d’Islam, parce que c’est cela exactement qu’ils disent et vivent.

Ce faisant, la loi de la dette divine devient assez absurde.
C’est insupportable pour tous ceux qui basent leur pouvoir sur elle !

Alors si je suis redevable à Dieu, ou à tout autre principe créateur, de ma vie, je la Lui donne en retour.
Mais ici, ce don n’a plus rien à voir avec un sacrifice sanglant et un paiement épuisant d’une dette surdimensionnée. Tout au plus, je paye de ma personne…

Evidemment, si le Dieu qui est en moi, tel que je l’imagine, est un Dieu psychotique et tyrannique, je serai fidèle à Sa volonté de pouvoir et de toute puissance. Et la paix sur Terre sera pour après demain, puisque ce Dieu là entretient déjà la guerre en moi, et s’en nourrit.

La question centrale devient alors ici : quel est le Dieu qui m’habite ? Et je ne parle pas d’un Dieu catholique, protestant, juif ou musulman. Ou autre. Pas besoin d’être croyant pour être habité par tout un système de croyances durcissantes et rigides.

Oser dire :
Il n’y a pas de dette « horizontale », c’est-à-dire un dû, c’est à dire quelque chose qu’il faudra de toutes façons payer. Ça c’est le monde ancien. Qui veut se poursuivre.

La Vie n’a jamais créé de contrats d’emprunt, de crédit et de remboursement, que je sache. Les lions, les éléphants, les libellules et les étoiles de mer de règlent pas la dette due à Dieu du fait d’être en vie. Ou alors, si l’homme se prend pour Dieu, (ce qu’il fait, d’ailleurs, tout en disant le contraire) par la prédation qu’il fait sur le monde animal, il fait payer cher aux animaux le droit d’être en vie, car c’est à son service.

Comme le dit une chanson bolivienne, « La vida es el regalo de Dios para cada ser » : la vie est le cadeau de Dieu pour chaque être.
Quoi ? Un cadeau ?
Il y en a que cela va embarrasser encore plus : « oui mais alors il faut rendre la pareille ! » Non. Si c’est un cadeau… un cadeau d’abord ça se reçoit. Pleinement.

Et tout a été fait, dans les systèmes de croyances en cours, autant religieux que sociaux, pour nous empêcher de recevoir pleinement la vie. D’entrée de jeu, nous sommes endettés…

Alors : arrêter. Faire fondre ces prisons de la dette, déjà intérieurement.
Et recevoir la vie. Et l’amour qui va avec. Et ça, c’est bien la chose la plus difficile qui soit… Pour pouvoir dire le Merci Nahuatl du Mexique :

Tlazocamati :
Toi, tu sais être, et demeurer, dans la flamme de l’amour !

C’est ce que je souhaite à chaque être humain…

 

Jean-Pierre Meyran et Hervé Estival

Jean-Pierre Meyran au Rassemblement des Traditions Ancestrales
(à gauche, ici avec Hervé Estival)

 

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