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Faut-il repousser ses limites ?

Je répondrai aujourd’hui à l’interrogation de Phil, qui m’a écrit :

 

« J’ai rencontré une femme, psychologue, qui m’a dit qu’un des intérêts de sa vie était de « repousser ses limites ».

Déjà, je me dis que quand on cherche à repousser les limites, c’est qu’on ignore encore où elles se trouvent…

Mais l’idéal ne consiste-t-il pas à vivre… intensément, librement, en accord avec soi-même, les autres et son environnement ? »

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Connaître ses limites, c’est pouvoir dire quels actes on est capables de commettre ou subir et ceux dont on n’est pas capables. Certaines personnes diront qu’elles sont incapables de tuer, mais elles le feront peut-être sous le coup d’un colère insurmontable, dans le feu d’une action, par l’effet d’une force extérieure à laquelle elles ne pourront pas résister, et elles tuent des milliers de bactéries chaque jour en se brossant les dents.

 

A contrario, on se dit parfois capables d’actions, mais on ne peut pas ou plus les réaliser au moment venu de le démontrer.

 

Cette distinction subjective faite, je prendrai l’exemple d’un sportif qui court le 100 mètres en 10 secondes, c’est sa limite à ce jour. La connaître ne l’empêche pas de chercher à améliorer son record.

 

C’est intéressant pour moi que ce soit une psychologue qui soit l’auteur de l’objectif ici transcrit. Pour être allé moi-même suivre les cours, je dirai que plus de 4 étudiants sur 5 sont des filles, et parmi elles 1 sur 10 est tellement bien avec elle-même qu’elle souhaite aider les autres à se réaliser, et 9 sur 10 ont divers troubles qui se révèlent au niveau sexuel (certains croient qu’ils vont « guérir » en apprenant la psychologie !).

 

Notons qu’il n’y a que des cours théoriques, aucune pratique de la vie ! Un enseignant en chamanisme ne fera jamais aucune initiation sans avoir « nettoyé » son élève, il fera VIVRE l’initiation plutôt qu’en parler (ce qu’il sait ne servir à rien sinon induire des rationnalisations et justifications).

 

Comme les cours ne sont pas des thérapies, la première des 9 citées passera 5 ans à apprendre à intellectualiser, les 9 autres à dissimuler, refouler ou banaliser. C’est la raison pour laquelle, après ces études d’un terrible conformisme, on voit rarement des psychologues diplômés avoir une vie épanouie !

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Le XXème siècle a été idéologisé par les théories freudiennes, et même lacaniennes, dont beaucoup d’auteurs modernes ont pu montrer qu’elles étaient parsemées d’erreurs qui n’étaient que les projections des refoulements sexuels de ces auteurs. On enseigne aujourd’hui encore des concepts dont on devrait savoir qu’ils sont sans fondement (l’instinct de mort par exemple, ou encore la croyance absurde que les zoophiles et pédophiles seraient des hyper-sexuels). Fort étrangement, les lettres écrites par Freud à son épouse révèlent qu’il ne souhaitait qu’une seule chose : devenir extrêmement connu – c’est dans ce seul objectif qu’il est allé à Paris apprendre l’hypnose avec Charcot en sachant que cela ferait fureur en Autriche où c’était inconnu.

 

Le XXème siècle a été idéologisé aussi par les théories marxistes d’égalitarisme (le parti communiste était le premier parti de France). Tous les régimes communistes du monde ont terminé très vite en dictature au profit d’une caste « supérieure », et on a vu des tas de bouquins issus du freudisme expliquer que la compétition et la recherche de performances étaient une malheureuse conséquence des complexes humains.

 

La Sagesse Ancestrale, quant à elle, enseigne deux choses :

– La première, que chacun détient sa part de vérité et a sa part d’utilité.

– La seconde que chacun a à faire de son mieux.

 

Elle sait en effet que chacun vit son incarnation dans le but de progresser. Pour certains, cela veut dire choisir des activités précises et se mesurer aux autres pour comparer les performances, et aussi créer une dynamique de réussite. Pour d’autres, c’est suivre le cours de ce qui se présente sans chercher à améliorer quoi que ce soit.

Les systèmes éducationnels encouragent la seconde attitude parce qu’ils ont pour objectif de produire des employés obéissants, non ambitieux, pour laisser les fortunes où elles se trouvent déjà.

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Au fur et à mesure que les systèmes politiques ont été dirigés par une caste formée au discours et donc de plus en plus incompétente à gérer, cette nomenklatura a engendré un système supprimant les désirs d’évolution sociale (impôts progressifs, limitations de vitesse, taxes sur les propriétés, …) et donc les désirs tout courts.

 

Repousser les limites permet l’évolution technologique, cella-là même qui fait qu’il n’existe plus de morts par épuisement au travail alors que ça fut la majorité des causes de décès. L’électroménager a révolutionné la vie des femmes. Le revers de la médaille est qu’on épuise nos énergies fossiles et qu’on détruit notre Terre Mère avec les centrales nucléaires et les pesticides.

 

La « faute » n’est d’ailleurs pas celle des inventeurs, mais des politiques qui ont promu ces choix pour que eux puissent gagner plus et avoir plus de pouvoir.

 

Il est vrai qu’aujourd’hui, pour sauver la civilisation, il faudrait quasiment retourner à l’âge de bronze. Mais bien peu de gens y sont prêts, et surtout pas les dirigeants qui n’auraient aucun pouvoir dans un monde plus authentique !

 

Tout ce qui vit est destiné à disparaître, car c’est le moyen que le Grand Esprit a trouvé pour permettre l’évolution. Oui, l’intention est bien l’évolution, même si elle a des conséquences négatives, comme tout a des conséquences négatives (l’enfer est pavé de bonne intentions). Bien des civilisations ont disparu et la notre fera de même, c’est inéluctable. Dans le monde des Esprits, cela ne pose aucun problème, mais dans le monde social ça ramène aux peurs de perdre et de mourir.

 

Et l’Ego dans tout ça ? Hé bien on constate que les personnes qui ont beaucoup travaillé pour repousser leurs limites (champions sportifs, …) développent souvent des attitudes égotiques par l’effet postérieur du « fanatisme » de leurs admirateurs dont la vacuité intérieure les pousse à projeter l’excellence sur des idoles.

 

Mais on voit aussi des tas de personnes qui refusent tout ce qui peut ressembler à de la compétition de par ce qu’on appelle la peur d’échouer mais qui en fait est une manifestation de leur Ego qui ne veut pas prendre le risque d’être jugé et de se juger. Dans le monde social, les personnes qui ont le plus d’Ego se retrouvent généralement, soit en tête lorsqu’elles ont eu le courage de prendre des risques, soit en queue lorsqu’elles ne l’ont pas eu.

 

Cela rappelle la Pyramide de Maslow, qui a mis en évidence qu’on ne peut avoir certaines aspirations que si d’autres sont satisfaites (l’insécurité inhibe le désir sexuel par exemple).

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Faut-il pour autant chercher toujours à aller plus loin ? Bien sûr que non ! Ceux qui reviennent à l’auto-suffisance trouvent des techniques pour produire plus en travaillant moins (c’est pour ça que l’humain a un cerveau créateur), mais ils ne vont pas faire des manipulations chimiques pour l’obtenir car ils savent que cela ne respecterait pas la nature. Viser l’accumulation, le record, l’exploit, sont les signes d’une vacuité psychologique.

 

Alors pour résumer je dirai qu’on peut très bien chercher à repousser ses limites et faire des expériences nouvelles, puisque c’est le but pour lequel l’être humain existe – l’évolution – et c’est souvent ce qu’on fait sans même s’en rendre compte. Cela n’empêche aucunement de « vivre… intensément, librement, en accord avec soi-même, les autres et son environnement ». Nous devons simplement rester vigilants à respecter la nature et à respecter notre nature, et le destin s’accomplira…

 

 

« Le bien-être ne sert qu’à désirer plus, et dans cette idée il n’y a pas de limite. »

(Jean Giono, Les Grands Chemins, 1963).

 

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